Lofofora: À fond et en forme à l’épreuve des concerts.

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Alors que Lofofora défend sur scène son dernier album depuis quelques mois déjà, j’eus enfin le privilège de les retrouver début décembre. Du coup, j’ai décidé de passer deux jours avec eux, entre Lyon et Annecy. Une bonne paire de claques en guise de séance de rattrapage !

« L’épreuve du contraire », le huitième album du groupe sorti le 15 septembre 2014, est une véritable petite bombe, du pur Lofo. 20 ans après la sortie du premier EP, Reuno a toujours de quoi crier sa verve, la magie du verbe intacte. Musicalement, ça bouillonne, ça remue les tripes à pleine puissance, carré et terriblement efficace. Lofofora reste cependant un groupe de scène et il m’était impossible de rater tel évènement.

Ainsi, rendez-vous les 4 et 5 décembre pour une bonne dose de watts et de sueur. Deux concerts très différents, entre le Ninkasi Kao à Lyon et le Brise Glace en Annecy. D’excellentes premières parties à chaque fois: « Bottle Next » et « Flayed » dans la cité des Gones, « And the Killer is » et « Happening » du côté de la petite Venise savoyarde. Des jeunes pousses bien rock à surveiller, car dans l’ensemble, les quatre groupes ont pleinement assuré, distillant chacun un son particulier dans des univers distincts. Pour les plus curieux d’entre vous, je vous laisse cliquer sur leur nom pour découvrir leur musique et pour les autres… N’oubliez pas que les futurs Lofofora comptent forcément parmi ces groupes émergents écumants petites scènes, premières parties et cafés-concerts.

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    Côté tête d’affiche, point de long discours; c’est inutile. D’abord, si vous êtes là, c’est sans doute que vous connaissez et avez sans doute déjà vu Lofo sur scène. Si tel n’est pas le cas ou que la dernière fois remonte à un autre temps, soyez rassurés: les gars sont de retour en ville et ça envoie du très lourd. Quelques mots quand même sur l’ambiance de ces deux concerts. Si d’un point de vue photographique la date lyonnaise a été des plus difficiles techniquement, elle restera de loin la meilleure en terme d’atmosphère. Le public était surchauffé, impatient d’en découdre avec ce groupe mythique. Pogos, circle pit, bonne humeur et grande dose de sueur; les murs suintaient. Dans la fosse avec les fans, je n’ai pu assurer de bons clichés, imaginez-vous prendre une photo en plein séisme de magnitude 7. Du coup, je me suis d’abord replié sur les côtés, chose rare, mais même là, difficile d’arriver à mes fins. Le balcon du Ninkasi Kao fut alors mon ultime refuge. Une chose est certaine: je ne regrette pas du tout tant le concert était grandiose. Bravo à l’association Mediatone qui assure toujours une excellente organisation et au public lyonnais qui a su accueillir comme il se doit Lofofora.

    Du côté d’Annecy, c’était plus mitigé. Après avoir subi l’annulation de la date prévue à Chambéry (la nouvelle municipalité semble ne pas apprécier le rock alternatif), Reuno et sa troupe avaient répondu au pied levé à l’invitation du Brise Glace pour se produire à l’occasion de la soirée au profit du Secours Populaire: « Le Père Noël est un rocker ». La salle n’a pourtant pas affiché complet, la scène alternative n’a pas forcément toujours la meilleure place dans cette structure. Il faut dire que, connaissant parfaitement la ville, je sais que nombre d’amateurs et autres musiciens du genre boycottent ce lieu qui a toujours eu du mal à les convaincre et n’a pas toujours su être à leur écoute. Cela dit, il y avait près de 400 personnes ce soir-là et les personnes ayant fait le déplacement pour la bonne cause et/ou Lofofora ont été plutôt présentes, même si beaucoup plus calmes que les Lyonnais. C’est un peu dans le caractère de l’Annécien, mais aussi de la structure accueillante. Un public plus attentif pouvant paraître plus froid et certainement plus propre sur lui. Fort heureusement, en véritable maître de cérémonie, Reuno s’est battu et a su tirer vers lui les fans. L’ambiance a fini par monter d’un cran et, bien plus timidement qu’à Lyon, quelques personnes sont quand même montées sur scène. Reste que le groupe est proche de son public, même en dehors de la scène. Chacun a pu alors rencontrer la bande au stand de merchandising, tailler la bavette, prendre une photo, faire signer son CD ou son tee-shirt.

    Seul véritable point noir de cette soirée annécienne, la sécurité. Je sais qu’une nouvelle fois je ne vais pas me faire que des amis, mais il faut bien dénoncer quelques vérités dérangeantes si l’on veut qu’une structure avance et reste un service public de qualité, à l’écoute de ses utilisateurs. En effet, si l’équipe lyonnaise brillait par sa discrétion et son efficacité, semblait même assez courtoise, il n’en était pas vraiment de même en Annecy. Parfois même le contraire. Un garde posté debout sur scène à chaque extrémité, la bande à Reuno ne risquait pas d’être agressée! M’enfin… Je me rappelle du concert de Tagada Jones dans cette même salle il y a 3 ans ou Niko (guitare/chant) avait carrément arrêté le concert en pleine chanson pour rappeler à l’ordre la sécurité qui empêchait le public de slamer, virant même de l’arène les plus motivés. « Hey! On ne reprendra pas le concert tant que le gars que tu vires ne sera pas avec nous. C’est la fête et on est assez grand pour se protéger en cas de problème ». Voilà en gros ce que le leader de Tagada avait dû lancer. Pour ma part, j’ai vu plusieurs fois (trop), des dérapages et des attitudes plus que discutables, mais sans doute le service d’ordre se sent-il trop chez lui et la structure est-elle « aveugle » ? Bref, alors que la soirée s’était très bien passée, un dernier fan s’est vu se faire raccompagner à la sortie de façon pas forcément très diplomatique et verbalement peu correcte. Certes, le bonhomme était un peu alcoolisé, mais pas méchant pour un sou. Il finissait simplement de discuter avec Lofofora et allait partir. Mais voilà, à force de provocation et de mécaniques hautaines de la part des deux agents de sécurité, le spectateur finit par perdre un peu son sang-froid arrivé à l’extérieur. Quelques mots partent, rien de bien méchant encore. Deux amis viennent calmer et récupérer le fan et, alors qui tourne enfin le dos pour partir, un des agents en profite pour lui balancer un coup de poing. Forcément, ça s’emballe, toujours verbalement du côté du spectateur mais la sécurité va très vite se réfugier à l’intérieur, l’autre agent allant même chercher une grosse bombe lacrymogène, prêt à asperger tout le monde, y compris de malheureux témoins de la scène. Il a fallu que nous soyons plusieurs à lui faire remarquer son geste déplacé pour qu’il en abandonne l’idée. Le fan finit par être calmé par ses amis, mais les deux agents continuent la provocation, bien planqués derrière la baie vitrée du Brise Glace, semblant plutôt fiers d’avoir pu assener quelques coups et se bidonnant allègrement. Même si la structure annécienne ferme les yeux depuis trop longtemps sur les agissements de sa sécurité, chacun pourra apprécier le « professionnalisme » de celle-ci. À bon entendeur…

    Sur ce, il me reste à conclure sur une note bien plus positive. Il est certain que du haut de leurs 25 ans de carrière, Lofofora n’a pas vraiment pris de rides. Le groupe est véritablement en pleine forme et donne le meilleur, plus que jamais. Un régal que vous ne saurez manquer sous aucun prétexte. Pour ma part, il est évident que je vais les retrouver tout prochainement, avec le plus grand plaisir. En attendant, je vous laisse avec mes quelques clichés de ces deux concerts, en noir et blanc à Lyon, en couleur pour Annecy.

    À vos partages, à vos concerts !

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  1. Siddharta Gautama
    | Répondre

    Je suis de plus en plus fan de ton noir et blanc ! Il n’y as « pas photo » comme ont dit a comparer tes clichés de Lyon et d’Annecy !!!

Commentaires du site