The National aux Nuits de Fourvière

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Pour la troisième fois, les Nuits de Fourvière accueillaient, ce 28 juillet 2014, les américains de The National, un des groupes phares de la scène rock indépendante outre-atlantique.

C’est sous la pluie que je me suis rendu aux théâtres antiques dominant la capitale des Gaules mais, fort heureusement, les premières notes de James Vincent McMorrow semblent avoir calmé la morosité des nuages pesant sur la ville toute la journée. « JVM » a assuré une belle ouverture, l’irlandais dispose d’une voix magnifique au service d’un son folk assez enivrant. Cependant, il est dommage que l’artiste (ou plutôt sa production) n’ait pas donné son accord pour la prise de vues photographique. Un très agréable moment qui, pour ma part, m’a plus convaincu que la tête d’affiche tant attendue par ses fans. L’accueil du public lyonnais fut quand même excellent pour cette première partie de grande qualité.

À 22h15, comme pour défier une dernière fois l’humidité ambiante, « Riders on the storm » de The Doors résonne dans l’amphithéâtre et The National fait son entrée. Trois petits morceaux avec des lumières plutôt esthétiques mais difficiles à gérer photographiquement, c’est tout ce que nous avons eu pour obtenir quelques clichés. Pas des plus évident car le groupe est relativement statique en début de concert. Il faut dire que The National est très friand de ces ambiances tout en crescendo et il faudra pas mal patienter pour que la machine monte dans les tours. Pourtant, le public semble assez chaud mais il est certain que le festival a connu des moments plus enjoués. La musique du groupe basé à Brooklyn est pleine de tensions et de contradictions. À la fois minimaliste en apparence mais bourrée d’arrangements, de fioritures architecturales tout en finesse. Sombre et lumineux, donnant l’impression d’une grande énergie mais tout en retenue. Le concert en devient presque poussif parfois mais la sauce continue à prendre, le ton monte, doucement mais sûrement et il est difficile de faire un choix entre rester ou partir. C’est ce genre de soirée où vous pourriez être ailleurs sans regrets mais dont vous n’arrivez pas à vous en convaincre. Owen Pallet, excellent artiste et, notamment, collaborateur de monuments comme Arcade Fire ou bien encore Beirut, a tenu un jour ces propos sur Facebook pour défendre The National de certaines critiques:

«The National est l’exemple même du groupe “j’aime pas, à part cette chanson”, sauf que “cette chanson” n’est jamais la même selon les personnes. Je suis presque sûr que je pourrais faire une compilation de chansons de The National propre à convaincre les plus sceptiques.»

Un résumé qui me convient assez bien au final.

1h25 de set progressif mais pas toujours des plus convaincants. Matt Berninger, chanteur habité mais à la présence un peu trop limitée aime vider petit à petit sa bouteille de champagne entre chaque morceau. Pourtant, l’homme a de la classe et ne manque pas d’énergie lorsque, enfin, il décide de conquérir le public pendant le quart d’heure supplémentaire de rappel, prenant d’assaut les gradins de pierres antiques. Le concert semble enfin prendre tout son sens, son ampleur. De leur côté, les deux fratries, Scott et Bryan Davendorf (basse/batterie) mais surtout Aaron et Bryce Dessner (guitares) assurent, sobrement mais terriblement efficacement. Un bon point à Bryce qui parle très bien français et ne manque pas d’humour. Il profitera d’ailleurs de l’une de ses interventions pour s’amuser de ses collègues: « Je peux vous raconter n’importe quoi, ils ne comprennent rien à ce que je dis ».

Bref, vous l’aurez compris, un concert tout en demie-teinte pour moi mais loin d’être désagréable. The National reste un bon groupe, c’est certain mais nous pouvons sans doute regretter son côté un peu trop lisse, sa retenue et, au final, avec une introduction sur les mythiques The Doors, je m’attendais à bien plus de folie, de désinvolture.

Allez, je vous laisse avec quelques clichés et deux petits clips, en attendant d’autres aventures à partager sans modération ni retenue !

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