Shaka Ponk en concert à Lyon : les monkeys toujours plus gones !

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Pour le second épisode de ma trilogie des concerts de Shaka Ponk sur cette tournée 2018, une rencontre à domicile s’imposait. Autant vous dire que les monkeys ont, une fois encore, retourné la Halle Tony Garnier. Entre le public lyonnais et le groupe, la relation est toujours explosive… Que du bonheur !

The Noface : Une grosse claque pour bien démarrer la soirée !

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas eu telle impression en découvrant une première partie. La dernière fois, déjà sur une tournée de Shaka Ponk, c’était les Belges de Triggerfinger et leur stoner aussi classe que puissant. Méconnu en France, le trio cartonne pourtant depuis des années au plat pays. Lors de la précédente tournée des Monkeys, il y a eu aussi le retour de FFF, groupe référence du rock français de la fin des années 90 ou la découverte de l’excellent groupe lyonnais « Hokins ». De leur côté, les énigmatiques masques barrés de The Noface ont su véritablement conquérir le public de la Halle Tony Garnier. Leur rock est d’une redoutable efficacité et totalement dévoué à l’impressionnante voix d’Oma, la lionne d’origine camerounaise. Les musiciens ont voulu marquer d’une croix blanche leur nouveau départ, mettant l’accent sur le projet musical, déjouant la notoriété. Il aurait peut-être été plus simple de se revendiquer de « Skip the Use », mais à double tranchant aussi. Alors, l’anonymat a l’avantage de sa neutralité, d’éviter tout a priori. Pour ma part, j’avais toujours eu du mal avec Skip the Use, surtout avec le chanteur en fait. Aujourd’hui, ce dernier brosse son ego en solo et les quatre musiciens sont restés soudés, fidèles à l’esprit rock.

En la personne d’Oma, ils ont sans aucun doute trouvé leur alter ego. La chanteuse ne manque ni de charisme ni d’énergie, sa voix est profonde et puissante. L’ensemble est une bonne claque, un projet des plus prometteurs à surveiller de très près. Le concert n’a duré qu’à peine plus de 30 minutes, bien trop court, mais c’est hélas ainsi pour les premières parties. Il est dommage aussi que le groupe n’ait pas pu bénéficier d’un meilleur éclairage. Jouant dans la pénombre, la captation d’images était complexe et le groupe méritait une bien plus belle mise en avant. The Noface est un véritable coup de cœur que je vous invite vivement à découvrir de toute urgence !

Shaka Ponk : Vous tendrez bien l’autre joue?

Les Monkeys sont rodés, des bêtes de scène et leur concert, un véritable spectacle. Sur les routes de France depuis deux mois, la tournée arrive à maturité, chaque instant est maîtrisé. Certes, il n’y a plus vraiment de place à l’improvisation, mais la partie vidéo demande la plus grande rigueur. Surtout, l’univers visuel est indissociable de l’esprit Shaka Ponk et apporte une dimension hors norme au concert. Un savoir-faire que le groupe peut revendiquer fièrement, un travail titanesque sublimant une musique qui prend tout son sens sur scène. Car c’est bien là que tout se joue, qu’on aime ou pas les albums de Shaka Ponk. Bien avant le phénomène médiatique, il m’arrivait régulièrement de rencontrer des festivaliers découvrant cette bande de geeks adeptes de rock 2.0. S’ils n’aimaient pas forcément leur musique en studio, ils avouaient unanimement être des plus impressionnés par les qualités scéniques du projet. En effet, s’il devait n’y avoir qu’un seul groupe français à voir en concert, ce serait sans aucun doute Shaka Ponk. Depuis leurs débuts, le succès populaire n’a cessé de porter nos singes préférés et le public s’est considérablement élargi aujourd’hui. Cela apporte autant d’avantages que d’inconvénients. Les fans de la première heure reprochant parfois une approche plus commerciale et des concerts moins déjantés dans la fosse. Il me semble tout à fait bénéfique de voir que la musique de Shaka Ponk est aussi fédératrice. Tous les âges, les milieux socioprofessionnels et culturels se retrouvent dans ces concerts, dans un rare moment de partage.

Bien sûr, lorsque Frah lance un « wall of death » ou un « circle pit », une grande partie du public semble s’interroger. Ces pratiques venues du milieu métal peuvent s’avérer des plus surprenantes dans un contexte populaire. Ainsi, la Halle Tony Garnier a eu du mal lors de ces deux instants du concert. Le « wall of death » ressembla plus à un « flop de la mort », certains spectateurs se regardant intrigués avant de se remettre à danser, faute de savoir que faire. Puis, le chanteur s’est placé au milieu de la fosse, tel un totem. Son invitation à jouer aux petits indiens n’a pas rencontré le succès attendu. Il faut dire que nombre de spectateurs préféraient tenter de prendre un vague souvenir avec leur téléphone plutôt que de s’amuser. Finalement, c’est sans doute le changement que nous pouvons tous regretter le plus dans les concerts en général. L’omniprésence de ces appareils mobiles vient gâcher une bonne part du plaisir, nous prive de certaines émotions, de précieux souvenirs. Quand Frah est dans les gradins, on a l’impression de se retrouver dans l’enfer médiatique des marches du Festival de Cannes. Les regards sont rivés sur les téléphones et de cet instant magique, il ne restera que quelques clichés flous, oubliés sur une carte mémoire. Je ne le dirai jamais assez, les spectacles sont les meilleurs moments pour (se) déconnecter. Lorsque je me rends à un concert en dehors de mon travail de photographe professionnel, je profite de chaque instant. Mon téléphone est rangé. Par respect de l’artiste, des autres spectateurs et de moi-même, car les plus beaux souvenirs restent ceux que nous avons vécus pleinement. Il m’arrive d’avoir la nostalgie d’une époque, si proche de nous pourtant, où nous préférions danser, pogoter et, éventuellement, nous brûler les doigts avec un briquet. Génération selfies… Pour ma part, je me suis bien amusé à tourner autour de Frah, même si l’exercice s’est avéré des plus tranquille en comparaison des « circles pits » du Hellfest ! 🙂

Enfin, deux petits clins d’oeil. Le premier pour la personne venue avec sa banderole pour demander de remplacer Ion à la batterie sur « Picky ». Belle tentative, même si cela semblait des plus délicat au vu des conditions techniques imposées par les concerts de Shaka Ponk. Il vaut mieux faire ce type de réclamation auprès des Foo Fighters, Dave Grohl est grand fan de ces initiatives. Le second clin d’oeil est surtout un vif remerciement. Au bout d’une heure de concert, dans la partie la plus active et compacte de la fosse, mon téléphone en a profité pour s’évader. Heureusement, une âme charitable l’a retrouvé et laissé à la consigne, prévenant ma douce Océanne d’un SMS de cette bonne action. Bravo et un grand merci à cette belle personne !

Pour le reste du concert, je vous laisse le revivre ou le découvrir à travers mes clichés. Et si vous aimez ce reportage photographique, partagez cet article sans modération !

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