Triggerfinger et Black Box Revelation au Ninkasi Kao

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Triggerfinger est un des fleurons de la scène rock belge. Retour sur leur dernier concert à Lyon, accompagnés d’autres Flamands, Black Box Revelation.

La Belgique, l’autre pays du rock

Je me rappelle régulièrement à quel point la scène musicale belge est d’une rare richesse. De K’s Choice à dEUS, en passant par Ghinzu, Venus, Mud Flow ou Hollywood Pornstars, les références ne manquent pas. Il y a tant d’autres artistes de valeur au plat pays, dans une diversité des genres à ravir tout mélomane. Ma discothèque en contient un assez grand nombre, je ne peux cacher mon admiration pour cette scène si particulière. La Belgique est cernée par trois gros blocs culturels, entre le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, de quoi motiver. Et là où certains se reposent trop souvent sur leurs lauriers, les Belges expérimentent sans cesse, surprennent et réjouissent nos ouïes. Au-delà des nombreuses qualités et de la créativité de tous ces musiciens, Triggerfinger ajoute la classe. Lorsque l’association Mediatone nous régale en invitant deux trios flamands à se produire au Ninkasi Kao, l’ivresse m’emporte !

Black Box Revelation, première partie psychédélique

Bon, Black Box Revelation est officiellement un duo, mais ils sont bien trois sur scène. D’ailleurs, les Triggerfinger jouent aux trois mousquetaires aussi, ils se retrouvent à quatre pour cette tournée. C’est malin, me voilà perdu. Qu’à cela ne tienne, à deux comme à trois, le son de Black Box Revelation interpelle et invite à l’onirisme. Difficile de ranger dans une catégorie musicale ce projet, les inspirations sont nombreuses et soigneusement déstructurées. Quelques saveurs pop venues d’outre-Manche, du blues d’outre-Atlantique, le tout est servi sur fond de rock psychédélique teinté garage. Leur premier album sort en 2007, « Set your head on fire » produit par un certain Mario Goossens, batteur de Triggerfinger. Mario produira également le suivant, en 2010, « Silver Threats ». En 2011, Black Box Revelation est doublement récompensé aux Music Industry Awards : meilleure performance et groupe alternatif de l’année.

Depuis, trois autres albums et des dates un peu partout en Europe, mais aussi aux États-Unis. Ce fut donc une bien agréable surprise de les retrouver partageant la scène avec Triggerfinger. Le public venu pour l’énergie de la tête d’affiche a pu être troublé par l’ambiance plus aérienne des Black Box Revelation. Cependant, le groupe a bénéficié d’un bel accueil de la part des Lyonnais et d’une écoute particulièrement attentive. Mission accomplie !

De la première partie à la tête d’affiche

Cela faisait trois ans que je trépignais dans l’attente de leur retour. J’ai découvert Triggerfinger sur le tard, en 2014, ils faisaient la première partie de Shaka Ponk au Zénith de Paris. Le groupe avait déjà officié avec les Monkeys deux ans plus tôt à Nantes. On ne peut que remercier Shaka Ponk d’avoir mis en avant Triggerfinger, leur permettant de toucher un plus large public. J’avoue avoir été doublement impressionné par le trio belge (si, si, ils étaient bien trois sur scène). Déjà, car leur stoner est redoutable d’efficacité et de musicalité, ça groove à souhait, le son est parfaitement maîtrisé. Mais aussi, car j’ai rarement vu une première partie fédérer et enflammer ainsi le public. Shaka Ponk n’a sans doute jamais eu de meilleure ouverture que Triggerfinger. Nos amis flamands ont aussi chauffé les fans d’autres artistes comme comme les Red Hot Chili Peppers et les Rolling Stones !

Triggerfinger, énergie, charisme et humour, la grande classe !

L’année suivante, en 2015, j’ai eu la chance de retrouver Triggerfinger sur deux dates de leur propre tournée. À ces occasions, nous avons fait connaissance et apprécié nos échanges. Il y a eu ensuite leur passage au Hellfest avec de bons moments off, ainsi qu’une très belle journée passée ensemble la veille de Musilac. Un véritable coup de cœur partagé avec ma douce Océanne, des souvenirs impérissables. Quel bonheur de rencontrer à nouveau nos chouchous et de reprendre une bonne dose de gros son ! Sur scène, Triggerfinger excelle, chaque concert est un spectacle d’anthologie. Le charme, le charisme et la voix de Ruben, sa guitare qui claque des riffs stoner aux teintes blues aérien. L’humour, l’extravagance et le jeu endiablé de Mario que j’aime surnommer « Super Mario », sans véritable référence au jeu vidéo. La présence, l’assise impressionnante de Monsieur Paul que nous apprécions pour sa magnanimité et ses superbes Rickenbacker.

Le tout ne manque pas de générosité et d’énergie, un concert de Triggerfinger défile à toute allure. Et puis, on aime aussi les beaux costumes, portés avec élégance, voire même une pointe d’excentricité lorsqu’il s’agit de Mario. Pour bien des raisons, on remettra encore le couvert, le plus tôt possible, car Triggerfinger est un groupe d’exception. Chaque fois, le public est plus nombreux et c’est un réel plaisir de voir afficher complet le Ninkasi Kao. L’ambiance et la sueur sont au rendez-vous, il ne peut en être autrement et personne ne s’en plaint. Geoges Abitbol n’a qu’à bien se tenir, Triggerfinger est certainement le groupe le plus classe du monde !

Un petit mot photographique

Les conditions du Ninkasi Kao sont souvent redoutables d’un point de vue photographique; cette soirée n’a pas échappé à la règle. Une salle bien dense, tout comme les fumigènes, la scène haute, le public des plus actifs, on officie depuis la foule. Ça complique forcément la prise de vues. Les conditions d’éclairages peuvent s’avérer complexes parfois, surtout lorsqu’on passe subitement des ambiances très sombres aux surexpositions et autres stroboscopes. Au-delà de la capture d’instants, le traitement peut alors être un véritable atout et la patience, la meilleure des alliées. J’apprécie par contre toujours la disposition scénique de Triggerfinger, avec la batterie bien en avant et tous les musiciens à égalité. Pour le coup, j’ai pleinement profité de l’occasion, car le batteur est trop souvent le parent pauvre des reportages photographiques. Il serait de toute façon fort dommage de s’en priver, surtout avec Super Mario !

Pour illustrer mes propos sur le traitement, je vous propose ci-dessous deux « avant-après » avec des clichés de Ruben. Enfin, je vous laisse avec mes photos et deux clips si vous voulez découvrir ces groupes et écouter du bon son. N’hésitez pas à faire tourner l’article, à vos partages

[zOz] journal: Triggerfinger, photo brute. [zOz] journal: Triggerfinger, Ninkasi Kao (Lyon), le 14 novembre 2018.
[zOz] journal: Triggerfinger, photo brute. [zOz] journal: Triggerfinger, Ninkasi Kao (Lyon), le 14 novembre 2018.

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