Triggerfinger & Oyster’s Reluctance à Mâcon

Posté dans : Concerts & Festivals 2

Alors que les médias nous servent bien trop souvent les mêmes soupes populaires à peine réchauffées, certains lieux osent et démontrent que le rock peut être encore créatif. Du côté de Mâcon, La Cave à Musique nous a servi un de ces plateaux dont nous aimerions nous délecter plus souvent, une soirée à marquer en rouge dans nos mémoires.

Cette structure associative mâconnaise sait nous surprendre et, régulièrement, nous cuisiner quelques mets aux multiples saveurs, entre scène émergente de qualité, rock alternatif ou indie pop et esthétiques avant-gardistes, le tout saupoudré habillement d’artistes plus reconnus. Le 29 mars 2015, la Cave à Musique proposait donc une de ces dégustations atypiques dont elle détient la précieuse recette. Nullement secrète, voilà une sauce qui devrait inspirer bien plus souvent nombre d’établissements culturels.

Ainsi, histoire de se mettre en appétit et servi avec son petit vin blanc du pays mâconnais, un bon trio d’huîtres locales venu présenter et défendre son nouvel EP. Malgré son nom, Oyster’s Reluctance sent bon le vent frais d’une nouvelle marée rock expérimental. Pour relever un peu cette mise en bouche, quelques épices noisy et industrielles de premier choix. Aux fourneaux, ce ne sont pas des apprentis cuisiniers, mais plutôt des maîtres sauciers, des experts de l’alchimie anaphylactique. Du bonheur pour nos sens, à consommer sans modération. Pour les initiés et amateurs de bonne cuisine auditive, le nom de JMPZ doit rappeler quelques succulences dont nous avons grand plaisir à retrouver quelques ingrédients dans la composition d’Oyster’s Reluctance. Pour ma part, dire que j’ai apprécié serait plus que réducteur, limite déplacé même. Il y a, dans leur nouveau menu, quelques gourmandises vous faisant facilement oublier le plat principal qui vous attend. Le public sera séduit et, avant de passer au dessert, demandera quand même à avoir un peu de rab histoire de ne pas être en reste.

Puis, parce qu’on n’est pas là pour enfiler des perles et que nous assumons totalement notre insatiable sitiomanie, on ne se refuse certainement pas au bon entremets belge qui mijote sagement dans les loges, avant de bouillir sur cette scène préchauffée avec soin. Triggerfinger, c’est du Stoner et du très bon. Un trio dont la classe confond l’entendement, même George Abitbol ne fait pas le malin. Il y a Ruben (guitare/chant), à faire tomber en syncope n’importe quelle vestale, Mario qui n’est pas plombier, mais un super batteur aux pouvoirs excentriques et Monsieur Paul, élégant bassiste au costard irréprochable, aux mythiques Rickenbaker et au sourire aussi large que son grand cœur. Bref, comme la quintessence des desserts, inutile de résister, on ne peut que se laisser séduire et, surtout, embarquer par la frénésie de ce rock survolté et déjanté. Alors, la soirée passe trop vite forcément, mais nos amis belges sont eux aussi de fins gourmets ayant le sens des traditions. Après un petit rappel bien senti, les Triggerfinger sont venus prendre le digestif en salle. Une belle rencontre simple et conviviale avec leur public et une fin de soirée dont ma douce Océanne va se rappeler longtemps, prise sous l’aile protectrice de Monsieur Paul.

Allez, je vous laisse avec quelques clichés de cette franche lippée en espérant vous avoir quelque peu alléchés, suffisamment pour vous retrouver autour d’une belle tablée prochainement. D’ici là, partagez sans modération, soyez fous et prenez soin de vous et de vos esgourdes.

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2 Responses

  1. Véronique Passos
    | Répondre

    Vos photos sont inégalables et magnifiques, j’adore toutes celles que vous avez faites de Triggerfinger. Merci !

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