Lydia Lunch au Kraspek Myzik

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Il y a des personnages incroyables au parcours des plus atypiques, des artistes naviguant bien loin de la sphère des mass-médias et pourtant, d’un génie créatif indéniable, de ceux qui marquent l’histoire de l’art alternatif contemporain. Véritable OVNI de l’underground, traversant les époques et les univers rock depuis la fin des années 1970, Lydia Lunch est une référence incontournable, à la limite de la légende vivante.

Chanteuse, poétesse, écrivaine, actrice et parfois même scénariste et réalisatrice, Lydia lunch cumule les collaborations et les projets. Elle a côtoyé nombre d’artistes alternatifs ou plus connus comme Willy DeVille, Brian Eno, Nick Cave ou bien encore Sonic Youth. Son premier groupe, Teenage Jesus and the Jerks est considéré comme l’un des fondateurs du mouvement « No wave » apparu en 1977, du côté de New York, face au Punk britannique. À son actif, une trentaine d’opus divers, entre les Teenage Jesus, 8-Eyed Spy et sa carrière solo. À cela, il faut donc rajouter les nombreuses collaborations et participations à divers projets, ses enregistrements de poésies sur son propre label « Widowspeak », la trentaine de films où nous la retrouvons en actrice, avec des réalisateurs comme Vivienne DIck, Richard Kern ou plus récemment, Asia Argentino; d’autres en tant que scénariste ou réalisatrice, des documentaires, des livres et même deux pièces de théâtres, écrites, jouées, mises en scènes et produites avec Emilio Cubeiro… Le parcours de Lydia est plus qu’impressionnant, il semble irréel, incroyablement torturé, cru et parfois violent.

Il est en fait impossible de séparer l’œuvre de l’existence de l’artiste, une femme marquée et marquante, à la fois humble et provocatrice, drôle et touchante. Elle influence ou inspire nombre d’artistes alternatifs aujourd’hui, comme Peaches ou Deerhoof et tant d’autres encore. Avec humour et une pointe d’ironie, ses mots sont tranchants, sincères et d’une vérité pouvant souvent déranger. Elle résume ses périples musicaux de la même façon:

«Toute ma putain de carrière n’a pas coûté plus cher que les séances de répétitions d’un seul album des Red Hot !»

Ainsi, les présentations étant faites, il me reste à vous parler un peu de son récent passage à Lyon, dans un petit lieu des pentes de la Croix Rousse, le Kraspek Myzik, le 29 novembre 2013.
Le petit café concert associatif a fait salle comble, plus de 80 personnes étant venues à la rencontre de la diva punk dans une ambiance chaleureuse et intimiste, où musiciens et public jouaient des coudes. Le concert fut assez court, tout juste un peu plus d’une heure mais valait véritablement le détour et je n’ai vu personne sans ce regard de satisfaction et ce sourire béat qui caractérise parfaitement un public encore sous le charme et le charisme d’une artiste hors pair.

Lydia Lunch était là pour présenter son projet « Retrovirus » avec trois musiciens: Weasel Walter (The Flying Luttenbachers) à la guitare, Algis Kizys (Swans, Of Cabbages and Kings) à la basse et Bob Bert (Sonic Youth) à la batterie. Énergie, improvisation, humour, il était impossible de rester de marbre lors de cette soirée évènement au Kraspek Myzik. En fait, nul besoin de se lancer dans de longues éloges ou autres énumérations d’adjectifs plus ronflants les uns des autres, il n’y a qu’une chose à dire: bien heureux fut le public présent aux côtés de la divine et légendaire provocatrice, tant pis pour les autres !

Je vous laisse donc parcourir le net pour découvrir un peu plus cet étrange bout de femme, mater la vidéo live du titre « 3X3 » (enregistrée au Bowery Electric, New York) que j’ai choisie pour vous et mes quelques clichés de ce concert au Kraspek. À noter que les conditions de prise de vues étaient plutôt épiques; très peu d’espace, je me suis retrouvé tout le concert assis sur l’enceinte façade à gauche de la scène, au coude à coude avec Weasel Walter et le public mais très peu de lumière aussi, m’obligeant à pousser dans ses limites mon Nikon D800, entre 6400 et 12800 ISO, à 1/80 de seconde en moyenne, en pleine ouverture de mes objectifs f:2.8.

Enfin, les derniers mots de cet article seront ceux de Lydia Lunch, une citation qui me touche particulièrement et pourrait tout aussi bien résumer ma démarche artistique, mes envies de vie:

«Je veux me consumer de passion, pas de regret.»

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