Le Bal des Enragés au Transbordeur, avec Not Scientists et Les $heriff

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Le 20 avril, le Punk était à l’honneur au Transbordeur de Villeurbanne avec un plateau de 1er choix : Not Scientists, Les $heriff et Le Bal des Enragés.

L’association Mediatone nous gâte et, pour satisfaire au mieux nos désirs, n’hésite pas à mettre les bouchées doubles. La majorité de l’équipe était mobilisée sur l’autre grand évènement du week-end, le Reperkusound, festival electro accueillant 15 000 personnes. À quelques centaines de mètres de là, un bastion Punk et Métal s’est formé au Transbordeur, salle pleine, soit 1 800 personnes. Deux salles, deux ambiances ! C’est donc avec le soutien infaillible et l’excellent accueil de l’association AQAB Events que Mediatone a invité quelques pointures du Punk. Attention spoil ! : Autant vous dire tout de suite qu’on s’est régalés !

Jolie ouverture des attaquants lyonnais

Not Scientists avait le privilège d’ouvrir les hostilités avant le grand bal. Ce quatuor lyonnais assez classique dans sa formation (2 guitares, dont un chanteur, basse et batterie), distille un Punk bien efficace. Difficile de mettre précisément des influences, le tout est bien cuisiné. J’ai retrouvé parfois un certain esprit à la Bad Religion, mais Television et Fugazi sont de bonnes pistes aussi. Not Scientists a déjà une bonne habitude de la scène, en France, en Europe, en Amérique du Nord. Cela se ressent notamment dans sa musique, parfaitement en place. Le groupe a su motiver les troupes, même si l’écoute était plus attentive et à la découverte qu’aux pogos à venir. Une bien belle mise en bouche donc, n’hésitez pas à laisser traîner vos oreilles.

Les $heriff, maîtres du terrain en seconde mi-temps

Les Montpelliérains ne sont pas venus à Lyon pour jouer aux arbitres, le public les attend avec le plus grand respect. Il y a une certaine émotion palpable dans la fosse, de nombreux fans portent le tee-shirt du groupe, Les $heriff. Une des légendes du Punk français à nouveau sur les routes depuis 2014. Ils ont marqué toute une génération présente ce soir, au même titre que Parabellum, les copains montpelliérains d’OTH ou la Mano Negra. Les classiques du groupe résonnent alors comme des hymnes pour les combattants de la deuxième vague Punk, les plus jeunes se déchaînent. La température monte de plus en plus, les pogos sont plus marqués sous le soleil du sud. La bande des $heriff a du plaisir à se retrouver sur scène et le public lui a bien rendu.

Le Bal des Enragés joue les prolongations…

…Ou la troisième mi-temps. C’est un peu les deux en fait, un bon bordel bien organisé, une joyeuse branlée de 2h30. Par contre, nulle question de rester aux vestiaires, personne n’est sur le banc de touche. La sélection a évolué, mais l’esprit d’équipe est toujours là. On retrouve les Tagada Jones au complet. VX et Klodia de Punish Yourself, avec Xa, batteur fluo et fou, mais aussi comparse de Stef, bassiste de Parabellum. Poun de Black Bomb A est toujours prêt à en découdre, Stef « Bubu » de Loudblast fidèle au poste aussi. Philus représente la section rythmique de Lofofora avec Vincent, enfin de retour. Le batteur cycliste baroudeur est rentré il y a quelques mois à peine de deux ans de virée autour du monde. Comme le dit Niko de Tagada Jones, il y a des absents sur scène, mais toujours très  présents dans nos cœurs. Il y a ceux qui sont partis vers d’autres cieux, Schultz et Sven de Parabellum, mais aussi, plus récemment, Sergent. Ce dernier faisait partie de ces hommes de l’ombre, indispensables au spectacle, techniciens et magiciens de nos meilleurs moments. Il y a enfin ceux qui peuvent revenir quand ils le souhaitent, Reuno et Doudou de Lofofora, Lolo le Fourbe.

Mais les remplaçants ont démontré avec brio qu’ils ne se contenteraient pas de jouer en équipe B. La nouvelle ligne offensive du Bal des Enragés a poussé la pression. Kemar en buteur, Poppy et Shanka en pivot, No One is Innocent en force ! Et le résultat est sans appel, le Bal 2019 s’annonce comme un cru d’un excellent millésime. Le ton change, plus rentre-dedans, moins décalé; en meneurs de jeu, Kemar et Reuno ont deux styles bien distincts. Pour autant, ça défile et l’équipe est en grande forme. On apprécie l’entrée sur le terrain avec présentation de l’équipe. Chaque membre du Bal entre en scène à tour de rôle pour chanter quelques vers de « Salut à toi » de Bérurier Noir. Deux heures trente passées d’un marathon déjanté et les kilomètres de tubes Punk et Métal qui vont avec… En fosse, c’est la guerre, avec le sourire, et la sueur imbibée de bière coule dans nos sillons. Alors, on en a pris plein la gueule, tout est allez trop vite. Le Bal des Enragés a mené la partie de bout en bout, soutenu par un public lyonnais joyeusement furieux. Mais comme après un 5-0, on en redemande… Encore !

Un reportage sur le terrain, en plein cœur des pogos

Côté photographie, je n’ai jamais vraiment apprécié la facilité, mais parfois, certains se demandent si je n’ai pas quelques déviances masochistes. Pourtant, où capter toute la force et l’émotion d’un concert, si ce n’est où le spectacle prend tout son sens? Là aussi, c’est parfois du sport de compétition. La foule est dense, la danse est brute. Il faut jongler entre les bras et les slams, surfer sur les vagues de pogo, se surpasser pour chaque image. Aussi éprouvant que grisant, il faut agir vite, dompter les lumières, les fumigènes et le séisme autour de soi. Il faut tenir la cadence, 2h30 d’endurance en quasi-apnée, garder un oeil sur toute cette belle bande de punks. Cela donne un reportage plus conséquent que d’habitude, une soixantaine de clichés rien que pour le Bal des Enragés. Rapporté à la durée du concert et au nombre d’artistes sur scène, ce n’est pas tant exagéré. Je suis rentré de cette soirée avec à peine plus de 200 photos, je suis heureux de vous présenter cette sélection. Je me suis mis au défi aussi côté traitement. Je soigne toujours particulièrement ce travail, mais j’ai voulu aller plus loin cette fois. Malgré les conditions difficiles, j’ai tenu à garder une série toute en couleur. Pour certaines photos, il a fallu recréer une ambiance, car nos appareils ont du mal  à retranscrire certaines scènes. Les grands aplats bleus en lumière LED, par exemple, le rouge puissant sur un nuage dense de fumigène… Je suis assez content du résultat que j’ai voulu inscrire dans cette démarche qui m’a toujours tenu à cœur. Apporter un regard artistique au reportage de concert.

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