Le 25 juillet 2024, le Théâtre Antique de Vienne nous conviait à un véritable festin des Dieux. Double dessert gourmand avec Dionysos et Shaka Ponk !
Le théâtre antique de Vienne a été édifié au 1er siècle de l’ère chrétienne par les Romains. À l’époque, il est le troisième plus grand de Gaule, bien plus impressionnant que celui de Lugdunum (Fourvière à Lyon). C’était alors l’un des plus imposants du monde romain, accueillant jusqu’à 14 000 personnes. L’amphithéâtre est classé aux monuments historiques en 1840 et les travaux de dégagement sont entrepris à partir de 1922. Le président de la IIIe République Française, Albert Lebrun, l’inaugure en 1938. Depuis 1981, le festival Jazz à Vienne se déroule en son sein, accueillant des artistes de renommée internationale. Aujourd’hui, ses 46 gradins accueillent environ 9000 spectateurs. Cependant, une étude de valorisation a été lancée en 2013 ; l’objectif serait de retrouver quelques centaines de places supplémentaires.
Ce soir-là, la gourmandise n’était point un des sept péchés capitaux, bouchées doubles pour tout le monde ! Et puis, péché avoué, à moitié pardonné, non? En tout cas, que celui qui n’a jamais péché me jette la première bière ! Prière de ne pas toucher aux pierres du théâtre antique, s’il vous plait. Dionysos, je disais donc. Mais qui a invité ce Grec, par Toutatis, j’en perds mon latin !
Trêve de plaisanterie, César ne l’aurait guère appréciée d’ailleurs. Dionysos est sans aucun doute un des groupes mythiques de la scène rock française. Pour autant, nulle mythologie ici, tout juste un univers onirique entre rock’n’roll et poésie. Mathias Malzieu et sa bande excellent en la matière, du pur bonheur, comme dans un rêve éveillé. Alors, on s’évade le temps des contes chantés, inspirés par des tranches de vie enchantées de notre Jedi préféré. Surtout, ses mots sont portés par l’énergie électrisante des musiques de Dionysos. Le groupe a assuré une « première partie » XXL, une bonne heure passée bien trop vite et tellement intense. Ce fut aussi un réel plaisir de retrouver Mathias sur ses deux jambes après sa double fracture en début de tournée. Le 6 mars 2024, j’ai déjà eu l’occasion de photographier nos rockers poétiques (article ici). Le concert avait lieu seulement 3 semaines après l’accident du « plus mauvais cascadeur du monde et de la galaxie ». Mathias « Tom Cloudman » s’était alors mué en cascadeur à roulette. À Vienne, « Giant Jack » veille encore sur Mathias et surplombe toujours son fauteuil. Le chanteur peut cependant enfin reprendre son activité favorite, avec modération toutefois. Ainsi, il s’en donne à cœur joie, autant que possible, même s’il subsiste un peu de frustration à certains moments. Qu’à cela ne tienne, s’il ne peut y aller, il enverra un homme venu de Mars surfer jusqu’à la régie ! C’est donc Trint, guitariste du groupe emblématique ardéchois « Uncommonmenfrommars » qui assura la fameuse cascade. Cela dit, Mathias bouillonnant et heureux de revivre ces instants ne résista pas à le rejoindre sur la vague du public. Tant de choses encore à raconter et, une fois de plus, le plus beau concert de ma vie ! Merci Dionysos !
Après une heure bien dynamique et l’habituelle gifle Dionysos, notre esprit masochiste se révèle… Il y a comme une envie d’en reprendre un bon coup, de tendre l’autre joue. Il suffit de demander et, surtout, on peut compter sur Shaka Ponk pour nous en mettre une bonne ! Avant tout, mise en place de la scène en un temps record pour l’équipe technique de Shaka. C’est véritablement impressionnant de voir le montage du décor et des instruments en moins de trente minutes. Chapeau bas aux techniciens des Monkeys pour leur efficacité ! Et là, pas de temps à perdre, l’assaut est lancé à pleine puissance directe, c’est parti pour deux folles heures ! Le spectacle est désormais bien rodé et nos gentils singes s'amusent toujours autant sur scène. Nul besoin de raconter les différents tableaux de cet épique concert, comme dit si bien Frah : c’est « énooooorme ».
Je noterai quand même le fil rouge autour de la pétition pour libérer Paul Watson. Ce dernier est un militant écologiste, fondateur de Sea Sheherd dont Shaka Ponk défend évidemment la cause. Le 21 juillet, il a été interpellé à bord de son navire dans le port de la capitale du Groenland. Une arrestation basée sur une notice rouge d’Interpol, émise en 2012. Le Japon l’accusait alors d’être coresponsable de dommages et blessures causés dans un baleinier nippon deux ans auparavant. Le pays a formulé une demande d’extradition du militant le 31 juillet, auprès du ministère de la Justice du Danemark. Paul Watson restera à priori en prison jusqu’au 5 septembre, date d’une éventuelle décision d’extradition vers le Japon. Ainsi, l’écran géant de Shaka Ponk diffusait régulièrement le QR code vers la pétition. Frah a même donné un objectif de 500 signatures en plus avant la fin du concert pour une surprise. Pari réussi, avec décompte en direct pour les dernières signatures manquantes.
Il y a eu aussi le maintenant traditionnel « circle pit », toujours aussi spectaculaire. Cependant, l’arène de l’amphithéâtre étant assez petite et très dense, ce fut véritablement de la folie. Avec quelques pièges dissimulés au sol (de toutes petites marches) et la foule très compacte, le moment était incroyable. Pas de blessé ni d’accident, Frah sait faire monter la sauce avec bienveillance. Et, comme il le dit : « C’est dangereux, on peut se blesser ou même mourir… Pire encore que la mort, on pourrait perdre son téléphone portable ! »
Bref, Shaka Ponk a ravi son public, comme toujours. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de croiser quelques insatiables fans, certains ayant largement dépassé les 100 concerts. On ne s’en lasse pas, je vous le dis et on appréhende la fin de cette toute dernière tournée. En attendant, j’ai eu beaucoup de bonheur à retrouver nos Monkeys préférés en arrière-scène pour terminer cette superbe soirée. Quel plaisir de revoir et de discuter avec mes deux chouchous frangins, Mandris et Steve ! Tout autant de partager quelques instants avec CC et Frah, de trinquer avec Seb et Galla du management… De quoi ressortir de cette extraordinaire aventure viennoise avec des images plein la tête, des émotions à faire déborder le cœur. Un grand merci à toutes et tous, vous m’aviez manqué et j’ai bien hâte de vous retrouver prochainement.
Allez, halte au blabla, place aux photos ! Un reportage exceptionnel de 72 clichés pour une soirée qui l’a été d’autant plus. Si vous en voulez plus encore avec d’autres concerts des Monkeys, c’est par ici. Enfin, vous pouvez aussi me suivre sur Facebook pour les prochaines aventures. À vos partages !
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