Voici quelques clichés tirés d’un travail de commande pour la réalisation d’affiches et la communication d’un évènement autour du tatouage. Une séance un peu particulière avec la belle Mejika, dans un esprit rock et sur le thème de la Calavera Catrina.
La Calavera Catrina a été créée vers 1912, devenue depuis un personnage populaire de la culture mexicaine. Attribuée à l’illustrateur satyrique mexicain José Guadalupe Posada, influencé par les travaux du caricaturiste Manuel Manilla. Il s'est inspiré à la fois de traditions européennes (notamment de l’art macabre médiéval) et indigènes préhispaniques (en particulier du culte de la déesse aztèque de la mort Mictecacihuatl). Ce squelette féminin vêtu de riches habits est une figure emblématique de la fête des Morts mexicaine. Elle porte généralement un chapeau très élégant orné de fleurs. Cette représentation caractérise la bourgeoisie et a une fonction de memento mori. Elle est destinée à rappeler que les différences de statut social n’ont aucune importance face à la mort. La critique de Posada était explicitement dirigée contre les « garbanceras ». Ces femmes d’origine indigène copiaient la mode et les usages européens en délaissant et en méprisant leurs origines, les coutumes locales. Elles rejetaient ainsi leur classe sociale pour se donner l’air d’avoir accédé à un niveau supérieur à leur condition. Le mot « catrina » est la déclinaison féminine du mot espagnol « catrín » qui désigne une personne élégante. Au Mexique, de manière plus spécifique, cela pointe un homme paresseux à l’élégance excessive et ridicule. Le mot « calavera » dénomme un crâne humain, une tête de mort. Cette représentation aux origines satyriques est parfois confondue avec la Santa Muerte, généralement représentée par une faucheuse. Cette dernière est en fait la sainte patronne des parias et des délinquants. Rattaché à l’Église catholique, ce culte a été associé à la violence, au crime, la prostitution et au trafic de drogue. Ses fidèles pensant qu’ils pouvaient agir comme bon leur semble, finissant par être pardonnés. La Calavera Catrina et la Santa Muerte n’ont donc strictement aucun rapport.
Après ce petit point de culture, revenons à l’histoire de cette séance. Le 16 octobre dernier, un ami infographiste, « Kaiser » de KS Production, m’appelle et me propose ce projet. Il vient d’être informé de la commande et je dispose d’une dizaine de jours maximum pour mettre en place le projet. Trouver une modèle, une maquilleuse, un lieu, des disponibilités communes, décider de l’esthétique, réaliser la séance, traiter et retoucher les photos. Un vrai petit défi, mais voilà qui serait plutôt du genre à me motiver. Je pose donc une annonce pour trouver la maquilleuse et la modèle puis, après réflexion, Mejika apparaît comme une évidence.
D’une beauté atypique, tatouée et dans un esprit bien rock, les cheveux roses et du caractère... Elle est la muse idéale pour incarner ce personnage de manière un peu décalée. Le temps de répondre aux nombreuses sollicitations des maquilleuses, c’est la jeune et talentueuse Claire Grasland qui retiendra mon attention. L’équipe formée, la direction artistique et le lieu définis, nous pouvons enfin nous lancer. Une semaine après le contact de Kaiser, nous traversons une partie de la ville sous le regard médusé des passants. Nous nous retrouvons aux théâtres antiques de Fourvière pour cette drôle de séance dont je vous propose ici quelques clichés.
En fin de compte, les organisateurs de l’évènement n’ont pas retenu le fruit de ce travail pour l’immédiat. En tout cas pour l’ensemble de la campagne, mais notre travail ne restera pas vain. Il sera aussi utilisé pour un autre évènement. Tout cela ne gâche en rien le plaisir que nous avons eu à le réaliser et les enseignements tirés.
Je vous laisse donc profiter de ces quelques clichés et, suivant l’envie, partager cet article.
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Cedric Guion says:
Bravo à Stéphane Zoz, Mejika Setsunai & Claire Grasland pour le super boulot !