Hellfest 2016: un dixième anniversaire dignement fêté

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Pour la cinquième année consécutive, je me suis rendu au désormais incontournable rendez-vous des « musiques extrêmes » en France, le Hellfest. Je vous présente aujourd’hui 155 photos tirées de cet évènement hors norme, une sélection parmi une douzaine de concerts qui ont rythmé mon week-end à Clisson.

10 ans !

Le Hellfest fêtait ses dix ans cette année et l’organisation a mis les bouchées doubles pour le plus grand plaisir de tous. Chaque année, le festival investi pour améliorer son infrastructure, autant sa décoration que les divers aspects techniques ou l’accueil et l’expérience public. Depuis 2015, ces changements sont plus visibles encore, parfois même spectaculaires, à l’image de la nouvelle Warzone. C’est sans aucun doute l’investissement le plus important de cette année 2016. Entièrement remodelée, cette scène représente pour de nombreux fans, notamment ceux de la première heure, l’essence même du festival, de son esprit originel et de celui de feu son aîné, le Furyfest (2002-2005). Véritable festival dans le festival, la Warzone était déjà sans aucun doute la meilleure scène du Hellfest; avec ses nouveaux aménagements, elle est aussi désormais la plus belle. Petits bémols quand même: certains festivaliers lui reproche des aspects de sa décoration un peu trop « camp de travail et de concentration » en pleine journée, alors que de nuit, le lieu prend véritablement un esprit plus à la « Mad Max », mais aussi le côté un peu trop « VIP » du terrassement avec ses buvettes et points de vente qui vient un peu en contradiction avec l’esprit Punk/Hardcore de la scène. Évidemment, tout cela reste une question de goûts et les avis sont certainement partagés.

Dans l’ensemble, le festival a encore travaillé sur les points délicats qui ont pu poser de gros problèmes auparavant, notamment en 2014 où le Hellfest avait vu sa jauge augmenter de façon conséquente, comme l’accueil du public et les questions d’hygiène (points d’eau et toilettes). Le tout n’est pas encore parfait, on note encore de trop nombreuses et trop longues files d’attente, notamment auprès des services bancaires et autres « cashless », mais aussi sur certains points d’hygiène. Le festival est sans doute un peu victime de son succès, il est passé de 22 000 personnes sur trois jours en 2006 à plus de 160 000 dix ans plus tard. Pour autant, l’organisation reste très à l’écoute de son public et semble toujours agir de manière à garder un évènement agréable au plus grand nombre. Nous pouvons donc espérer encore bien des améliorations, en souhaitant que la jauge soit un peu réduite et limitée de façon plus raisonnable par rapport à la superficie, car il devient parfois difficile d’apprécier réellement les concerts et l’ambiance s’en retrouve un peu écornée. Attention donc à ne pas trop en faire, à ne pas tomber dans le piège des grosses machines.

Des photos au cœur du festival.

Pour ma part et comme chaque année, j’ai fait ce festival côté public, sans accréditation photo et ce, pour diverses raisons. D’abord, j’ai toujours considéré que c’est au cœur de la fosse que les choses se passent, dans la sueur, les cris, les pogos, les sourires du public et des fans survoltés qu’on peut le mieux rendre compte d’un évènement. Évidemment, la prise de vues est bien moins confortable que dans le « PIT », c’est même parfois plutôt sportif, mais quel régal et il n’y a pas meilleur endroit pour vivre pleinement ce précieux échange entre les artistes et le public. Et puis, les conditions d’accréditation du festival ne correspondent définitivement pas à l’idée que je me fais du travail de photographe/reporter. Il y a sans doute beaucoup trop d’accrédités, pas tous très respectueux et, forcément il faut cadrer encore et toujours plus. Un seul morceau au mieux par groupe, lorsque la production de l’artiste n’impose pas un contrat ou, pire encore, une sélection des reporters suivant l’intérêt que peut apporter leur média avec obligation de demander la validation des clichés pouvant être diffusés dans un cadre très restrictif par la suite (Rammstein, The Offspring); l’attente bien avant chaque concert pour assurer sa place dans le PIT où les photographes iront par vagues d’une vingtaine, tassés parfois au coude à coude pour prendre des clichés que de trop similaires du début du show avec des artistes pas encore chauds et prenant un peu trop la pose; l’obligation de donner, oui, donner une centaine de photos au festival, me laissant douter quant au respect du cadre légal, notamment en rapport aux droits d’auteur et de la propriété intellectuelle, etc. Définitivement, c’est avec le public que je me sens à ma place, pas de pass VIP, pas de « champagne », mais une bonne dose d’émotions et de sincérité.

Quelques uns de mes concerts…

Allez, un petit mot encore de chaque concert illustré ici en photo et je vous laisse.

Il faut bien ouvrir la danse et, lorsqu’on se trouve en plein cœur de l’enfer, autant le faire avec rage. Ainsi, mon Hellfest 2016 a débuté en beauté et au quart de tour avec les amis du Bal des Enragés sur une MainStage déjà bondée à 14h. Quarante minutes toujours trop courtes, surtout en étant habitué aux marathons de 3 heures de la fine équipe. On espère une prochaine venue du Bal à Clisson, mais cette fois-ci, en clôture du festival, histoire de repartir sur une note aussi festive que démente !

Malgré des conditions techniques un peu difficiles, notamment sur scène, un des meilleurs concerts de cette onzième édition du Hellfest nous a été offert par Mass Hysteria. Les Bretons menés par le charismatique Mouss dont l’engagement, l’humanisme et l’énergie positive font le plus grand bien, ont enflammé la fosse comble de la MainStage. Une ambiance démentielle avec certainement le plus grand et le plus impressionnant wall of death qu’ait connu le festival. 22 ans que Mass Hysteria trace sa route et l’ardeur est toujours la même, tout comme la proximité avec le public, le groupe allant même jusqu’à jouer un titre en pleine fosse, cerné par un immense circle pit. Respect !

Bien plus fun et rock’n’roll que Village People, quelque part entre punk, rock garage et métal, Turbonegro délivre son « Death Punk » sans se prendre au sérieux et avec une énergie rare et fédératrice. Même si leur prestation lors de ce Hellfest 2016 fut moins bonne qu’il y a deux ans (quelques fausses notes du côté chant), c’est toujours un plaisir de voir ces Norvégiens sur scène et leurs nombreux fans au look de club de motards en veste en jeans aux couleurs « Turbojugend » et coiffe de marin.

Évidemment, on ne présente plus ce qui a été sans doute le plus beau cadeau de ce Hellfest 2016, la cerise sur le gâteau, l’évènement le plus attendu du week-end: Rammstein. Plein les yeux et les oreilles, des effets pyrotechniques, un public massivement tassé devant la MainStage et des plus énergique, un concert de cette bande d’allumés germaniques laisse forcément quelques traces et des souvenirs inoubliables. C’est du grand spectacle, parfaitement orchestré, d’une rare efficacité, à voir impérativement, même pour les non initiés. Pour moi en tout cas, ce fut l’occasion de signer mes clichés préférés de cette édition dans des conditions particulièrement difficiles. Du bonheur !

Le second jour du festival aura été un spécial Warzone pour moi. Alors que le mouvement punk fête ses 40 ans cette année, un de ses groupes pionniers, UK Subs, a démontré, si besoin en était, que le punk n’est toujours pas mort. Le public n’a en tous cas pas failli à la réputation du lieu en réservant un très bel accueil à UK Subs, dans une ambiance toujours aussi explosive que chaleureuse et affable.

Depuis plus de 35 ans, les Toy Dolls nous distillent avec humour et dynamisme un « Happy-Punk » dont il semble impossible de se lasser. De « Nellie the Elephant » à « Turtle Crazy », le répertoire des Britanniques est composé d’autant d’hymnes que d’invitations aux joyeuses festivités et autres pogos délirants. Un véritable moment de bonheur, les Toy Dolls ont cette capacité à faire aimer le punk même aux plus réfractaires !

De son côté, le groupe emblématique du punk rock américain, Bad Religion, peut toujours compter sur ses fans et sa prestation a marqué les esprits. Certes, le jeu de scène n’est pas des plus spectaculaires, mais ce concert restera sans doute l’un des meilleurs de cette édition sur la Warzone avec une ambiance survoltée.

Outre le mémorial avec sa statue monumentale de 15 mètres, inauguré par le guitariste de Motörhead et le magnifique feu d’artifice du samedi soir, les hommages rendus à Lemmy n’ont pas manqué et ont été chargés d’émotion. En clôture du second jour du Hellfest 2016 sur la Warzone, le chanteur légendaire était une fois encore présent, sur scène comme dans les cœurs de chacun. Gutterdämmerung, un spectacle inédit et surprenant, entre opéra rock et ciné-concert, a nécessité plus de 5 ans de travail et présente un casting exceptionnel. Le film en noir et blanc, d’une superbe esthétique photographique, aborde un sujet toujours d’actualité: le combat du rock pour la liberté, contre les idées reçues de ceux voyant encore cette musique comme celle du diable… Un chef-d’œuvre incroyable réalisé par l’artiste belgo-suédois, Björn Tagemose, multipliant les références musicales et cinématographiques, un des principaux évènements de ce Hellfest, sans aucun doute le plus marquant.

Au troisième jour du Hellfest, retour sur la MainStage pour reprendre une bonne dose d’énergie made in France. Pour sa première venue en enfer, No One is Innocent a mis la barre très haute, pleine puissance pour une bonne claque dont le public venu en masse se souviendra longtemps. Kemar et sa troupe nous ont régalés et démontré que la scène française avait plus que jamais toute sa place au Hellfest. Chapeau !

Pour continuer ce petit tour d’horizon de cette cuvée 2016 du Hellfest, les Français de Gojira n’ont laissé nul repos au public qui a relevé le défi sans rechigner. Résultat, un concert et une ambiance explosifs !

Le métal hardcore de Caliban a résonné haut et fort sur la Warzone du Hellfest, mais c’est aussi l’esprit et l’attitude positive du groupe, ainsi que sa proximité avec le public qui ont marqué tout autant. Alors que le festival est sans aucun doute en surpopulation depuis 3 éditions et que certaines tensions ont pu être sensibles cette année, le chanteur de Caliban a su rappeler à la fête et souligner que la violence n’avait nullement sa place ici, lorsqu’un spectateur s’est fait virer par la sécurité après avoir roué de coup de poing le dos d’une fan. Pour autant, le Hellfest reste un des festivals où l’ambiance est la plus sympa et Caliban nous a servi un excellent concert.

Enfin, terminons avec ce qui aura été pour moi le concert évènement de cette onzième édition. Jane’s Addiction est un groupe légendaire de rock alternatif américain. Créé en 1985, il inspirera bien du beau monde dont toute la scène grunge outre-Atlantique. L’histoire de Jane’s Addiction est tumultueuse, séparations et réformations à répétition, mais plus de 30 ans après leurs débuts, la magie est intacte sur scène, la classe de Perry Farrell sans égal et Dave Navarro toujours aussi majestueux. Un show dans un esprit burlesque, avec danseuses et suspensions spectaculaires. Mythique !

Vous pouvez maintenant partager à volonté cet article… Aux plaisirs de vous retrouver lors d’un prochain Hellfest !

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